Patrimoine

Classement UNESCO de la Haute Ville d'Antananarivo

Le projet consiste à faire classer, au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, la Haute Ville d’Antananarivo. L’objectif est d’améliorer l'attractivité de l'offre touristique d'Antananarivo et d’appuyer la Commune Urbaine d’Antananarivo pour le développement stratégique du tourisme de son territoire, appuyé sur un ancrage institutionnel fort.

Le projet de Classement UNESCO répond aux deux objectifs de la coopération entre la Région Ile-de-France et la Commune Urbaine d’Antananarivo qui sont d’améliorer la qualité de vie des habitants et de préserver l’identité de la Ville, tant la Haute Ville est un élément important de cette identité.

Le classement UNESCO pourrait alors remplir un rôle de catalyseur pour la sensibilisation à la préservation du patrimoine. Il serait également un aimant pour la coopération à l’international et permettrait de développer les activités touristiques.

Aujourd’hui, Madagascar a déjà 3 site inscrits au Patrimoine Mondial : Les Tsingy de Bemahara, la Colline Royale d’Amboimanga et les Forêts humides de l’Atsinanana. La Haute Ville serait donc le 1er site urbain classé à Madagascar. A l’issue des travaux et études préparatoires menés depuis 2012, le Ministère de la Culture et de l’Artisanat a procédé à la demande de rajout de la Haute Ville d’Antananarivo sur la Liste Indicative nationale, auprès du Centre du Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Cette étape, nécessaire pour le classement, a été portée techniquement par l’IMV et appuyée par le Cabinet RC Heritage (Paris), en lien étroit avec la CUA.


Périmètre 
La Haute Ville d’Antananarivo est un site unique en Afrique subsaharienne. La Ville a façonné un site unique, de grande qualité, suffisamment bien préservée. Le site se caractérise non seulement par son architecture mais aussi par une forme urbaine spécifique dans laquelle les éléments du paysage jouent un rôle important et donne une cohérence à l’ensemble. 

Les études menées, en concertation avec le CTS ont permis de définir un projet de périmètre qui doit garantir une intégrité paysagère au site (cônes de vision, topographie, quartiers homogènes). 
La zone tampon définit un périmètre plus large, même s’il n’est pas « inscrit » (170 ha). Il a été défini en fonction de ses caractéristiques historiques et géographiques ainsi que d’une logique urbaine cohérente afin d’obtenir un périmètre clairement identifiable. Le périmètre classé lui-même compte 80 ha.

Le projet de classement UNESCO vient renforcer la Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager (ZPPAUP).

Un ensemble architectural et paysager exceptionnel
La Haute Ville comprend des bâtiments patrimoniaux majeurs (Palais de la Reine, Palais du 1er Ministre…), des espaces publics remarquables comme la Place Andohalo, des espaces sacrés (églises, temples, sources, arbres) et des voies historiques pavées.
Le secteur couvre donc l’ensemble de la Haute Ville, même si le bien soumis à l’inscription est circonscrit à un secteur plus restreint.
L’architecture est une synthèse unique où l’on peut observer des influences anglaises et françaises. On peut voir également des influences asiatiques, avec les maisons carrées, les toitures de type indonésien, le rôle des directions et de l’orientation. Le bâti est serti dans un paysage naturel et urbain unique avec des rizières et des cressonnières qui donne un rapport tout à fait spécifique entre la Ville et le Paysage où l’organisation spatiale historique est préservée.
De nombreux rites, cultes des ancêtres et des souverains demeurent toujours pratiqués. Des arbres sacrés, des sources sacrées et des puits en sont les lieux privilégiés. Ces rites ont survécu avec le développement du christianisme sur l’Ile. L’ensemble urbain est rehaussé par la présence du Rova de Manjakamiadana, visible de loin. Il est un élément visuel et architectural majeur du paysage de la Ville.

Vulnérabilité de la Haute Ville
La Haute Ville présente des vulnérabilités pour lesquelles le Classement pourrait apporter certaines améliorations. La dégradation des toitures sous l’effet de la saison des pluies, le manque de moyens pour entretenir les bâtiments, escaliers et autres ruelles pittoresques, les glissements de terrain, le développement de constructions modernes, les projets d’infrastructures et le risque d’abandon de certaines pratiques traditionnelles sont à craindre.

Ainsi, l’enjeu d’un classement, au-delà de la conservation architecturale, est prendre une place dans les grandes villes patrimoniales et de faire porter une attention particulière à la Haute Ville. La revitalisation urbaine de ce périmètre aurait un impact en terme de développement économique et social pour la population locale.

La stratégie de conduite du projet s’appuie sur le soutien de la Région Ile-de-France, l’engagement de la CUA, le savoir-faire de l’IMV et l’engagement du Ministère de la Culture et de l’Artisanat. L’objectif est l’obtention du Classement en 2019.