Agriculture urbaine

Diffusion des jardins potagers dans les Ecoles Publiques Primaires et les centres sociaux.

La sécurité alimentaire et nutritionnelle des enfants exige toujours des actions d’urgence de la part des grands bailleurs internationaux à Madagascar. Les enfants des familles démunies dépendent souvent de l’alimentation complémentaire fournie, de façon souvent discontinue, par les cantines des écoles primaires publiques (EPP), pour assurer en partie leurs besoins alimentaires de base, comme en témoigne les variations du taux d’évanouissement des enfants à l’école.
Dans le système éducatif malgache, les EPP regroupent les enfants issus des familles les plus démunies. Chaque EPP accueille une moyenne de 700enfants.
Les repas scolaires, lorsqu’ils existent, sont le plus souvent déséquilibrés sur le plan nutritionnel car composés essentiellement de légumineuses, riz et huile et manquent d’aliments riches en micronutriments, en particulier de légumes.

Depuis 2011
Depuis la création du Programme d’Agriculture urbaine en 2011, l’IMV et la CUA ont toujours intégré des EPP qui disposent de terrain et d’une équipe motivée, dans les bénéficiaires de ce dispositif.
En effet, l’autoproduction de légumes frais et de plantes à haute valeur nutritionnelle, au sein des EPP répond bien au caractère d’urgence de l’appui aux cantines scolaires, sachant qu’un repas scolaire représente seulement 0,19 €.

Partenariat avec le PAM
Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) approvisionne en aliments secs les cantines et centres sociaux accueillant des enfants (riz, huile, légumineuse) à Antananarivo. Ainsi le partenariat avec l’IMV et la CUA permet, grâce aux potagers scolaires, d’apporter des légumes frais.
Ce projet initié en décembre 2015 a permis d’abord l’installation de sites-vitrines, puis au mois de mars l’ensemble des autres jardins. Aujourd’hui, ce sont 8 EPP et 6 centres sociaux (soit 10 029 enfants) qui fonctionnent avec leur propre jardin.

 

Les sites vitrines

Sites Etablissements Lieux Arrondissement
EPP EPP Namontana Namontana 4ème
EPP Ambodin’Isotry Ambodin’Isotry 1er
Centres Centre Tsiry Tsiadana 2ème
Centre Betania Ankasina 1er

 

Les jardins opérationnels

Sites Etablissements Lieux Arrondissement
EPP EPP III G Hangar Antohomadinika 1er
EPP Manarintsoa Isotry Manarintsoa Isotry 1er
EPP Volosarika Volosarikay 2ème
EPP Ambodirano Ampefiloha Ambodirano Ampefiloha 1er
EPP 67ha Nord Est 67ha Nord Est 1er
EPP Antetezana Afovoany Antetezana Afovoany 1er
Centres Avoko Ambohidratrimo  
Ami 4 Anjanahary 5ème
Hardy Manarintsoa Isotry 1er
SOS Village d’enfants Anosizato 4ème

Jardin potager du centre social Betania
Les sites vitrines présentent les différents supports de culture développés par le Programme IMV/CUA : fûts en plastique, tables de culture, bidons jaunes. Quand le site s’y prête, un jardin en pleine terre est également cultivé.

Jardin potager de l'EPP Ambodirano Ampefiloha
Les jardins opérationnels recyclent les sacs de riz donnés par le PAM à l’établissement, dans le cadre de l’aide alimentaire. Ils sont utilisés comme support de culture pour les brèdes, (légumes-feuilles très utilisés en cuisine malgache).

 

Autres EPP
L’IMV, outre ce projet, appuie également la CUA pour installer des jardins potagers dans les EPP du VIème arrondissement, qui est un arrondissement excentré, où les infrastructures publiques sont plus rares qu’au centre-ville et moins accessibles.
L’IMV et la CUA poursuivent également leur appui à d’autres EPP comme l’EPP Amboditsiry et l’EPP Fiadanana.

Méthodes et techniques
Les méthodes de production sont particulièrement adaptées aux conditions spécifiques du milieu scolaire puisqu’elles permettent la production de légumes à cycle court, dans des espaces réduits, économes en eau et utilisant le recyclage de matériaux et de l’eau (eaux de surface, eaux de pluie, eaux usées de cuisine).

L’équipe IMV/CUA qui conduit le projet est attentive à trouver la meilleure combinaison possible de cultures selon les supports de culture, l’accès à l’eau, l’ombrage,… dans un objectif de haute valeur nutritionnelle pour les enfants. Il faut également trouver des sources de substrat organiques à très faible coût, disponibles localement (compost et fumier).
La formation des responsables des jardins au sein des établissements fait l’objet d’une véritable réflexion, dans l’optique d’optimiser au mieux leur travail (préparation, arrosage etc.) pour devenir autonomes.


Les jardins potagers en milieu scolaire sont une grande réussite, rapidement gratifiante pour le personnel de l’école et les enfants. Pour être pérenne à long terme, le potager scolaire demande une implication soutenue du directeur d’établissement et du personnel enseignant, des parents et des enfants.
Le partage d’expérience de ces projets réussis pourrait nourrir les réflexions avec les institutions malgaches, les bailleurs de fond et autres partenaires stratégiques, sur les potentiels d’adaptation de ce modèle de projet dans d’autres zones urbaines, au sein des villes malgaches – ou même dans d’autres villes du Sud.